• Top 5 des start-ups low-tech

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    Top 5 des low-tech pour réinventer le futur 



    Après l’ère du high-tech et face à l’émergence de technologies toujours plus consommatrices d’énergie, ce qu’on appelle les low-tech ont un rôle clé à jouer pour réussir la transition écologique de nos économies. Cette semaine, nous avons décidé de mettre en lumière cinq start-ups qui contribuent à construire le monde de demain. 

    Certaines de nos manières de consommer et de vivre sont au crépuscule de leur existence et pour ces start-ups demain est déjà là…



    vOOg devenue Viamouv 

    La start-up Viamouv a développé le Gouvernail, un outil mécanique, fabriqué à partir de matériaux durables et recyclables, pour permettre aux piétons de se repérer en ville de façon totalement ludique et intuitive... sans l’aide de nos smartphones !

    Experte en signalétique et informations voyageurs dans les transports urbains et autres espaces de mobilité, Viamouv axe principalement son activité sur le développement de son outil phare : le gouvernail.

    Mais quel est donc ce drôle d’objet ?

    Le gouvernail possède une capsule à double face que l’on peut comparer à un œil, cette dernière est perchée sur un support métallique à hauteur d’homme. Le pied peut tourner à 360° lorsque l’on prend l’objet en main, on s’imaginerait presque en Jack Sparrow voguant à travers les océans sur son Black Pearl.

    C’est d’ailleurs toute l’utilité de cet objet. En regardant dans l'œil de cette capsule, on y remarque une cartographie des environs. Composée d’une liste des divers centres d’intérêts situés dans les environs, vous pourrez retrouver votre destination numéro 1 et ainsi arriver à bon port.

    Le gouvernail, c’est d’une certaine manière le Google Map en version mobilier urbain. Sauf qu’ici, pas de problème de batterie, pas de suivi aveugle du GPS, l’objet permet de «réinstaurer le dialogue entre l’espace et l’utilisateur», souligne Sébastien Noll, l’un des deux créateurs. 

    De plus, l'objet est construit près de Tours avec des matériaux 100% recyclables. Dès lors, le gouvernail se veut aussi bien écologique qu’éducatif. 



    Unéole 

    Basée dans les Hauts-de-France, la start-up Unéole produit et installe des mini-éoliennes urbaines, silencieuses et éco-conçues sur les toits des immeubles. En 2020, elle a lancé la première plateforme hybride de production d’énergie, combinant ces éoliennes low-tech avec des panneaux solaires avec un objectif affiché : tendre vers l’autonomie énergétique en ville.

    Ces minis-éoliennes sont conçues à partir de matériaux recyclés, elles sont silencieuses,  produites localement et installables en ville. Selon Quentin Dubrulle, à l'origine du concept et fondateur d'Unéole, “Elles ne font pas de bruit et, en plus, ne perturbent pas la nature car elles sont posées sur les toits des bâtiments en béton”

    Fondée en 2014, avec un premier modèle V1 qui se vendait aux alentours de 10,000 euros. Unéole a depuis commercialisé un second modèle V2 dont le prix se rapproche de 5,000 euros. 

    Dans une zone bien exposée, celle-ci pourrait produire quelque 1.000 kWh par an - ce qui reste insuffisant pour rendre complètement autonome un immeuble de quatre étages, qui aurait besoin d'une dizaine d'éoliennes pour couvrir ses besoins énergétiques. Pour pallier ce problème, Unéole s’est lancée le défi de produire de l’énergie de jour comme de nuit.

    C'est précisément pour résoudre ces aléas énergétiques que l'entreprise travaille désormais sur une autre innovation made in France, cette fois unique au monde : la première plateforme de production d'énergie mixte urbaine, mêlant éolien et solaire. Construite sur bâtiment à toit plat, celle-ci inclut des éoliennes Unéole qui sont surplombées par un toit couvert de panneaux photovoltaïques, s'intégrant à l'architecture du bâtiment comme un nouvel étage, ce qui permet de profiter de la totalité de la surface sans l'encombrement des équipements déjà présents sur le toit.

    Ce système combiné est, de plus, capable de générer de l'énergie autant de jour que de nuit. Un progrès considérable en matière d'efficacité et de stockage, ce qui réduit également la facture d'électricité, avec un coût de production de moins de 12 centimes le KWh en centre-ville, selon l'entreprise. 

    De vraies économies pour une énergie plus propre, on espère Unéole aura le vent en poupe pour ses divers projets. 



    FabBRICK

    FabBRICK recycle les déchets textiles en briques écolo et esthétiques qui connaît un immense succès dans l’aménagement d’intérieurs notamment auprès de grandes marques de prêt-à-porter. Depuis 2019, la start-up parisienne a ainsi revalorisé plusieurs dizaines de tonnes de vêtements.

    Du laboratoire de Lavoisier à FabBRICK : rien ne se perd tout se transforme 

    Parti d’un constat limpide de sa fondatrice Clarisse Merlet à propos du domaine de la construction qui est très polluant et très énergivore, la start-up propose une alternative qui permet de construire autrement et notamment avec l'utilisation de déchets.

    Par la suite, Clarisse remarque que le textile, secteur très polluant également, est très peu recyclé alors qu'il possède des propriétés intéressantes pour la construction sachant que le coton est considéré comme un très bon isolant. 

    C’est ici que naît FabBRICK avec l'idée de revaloriser les vêtements mis au rebut en les transformant en une matière première innovante. En s'appuyant sur les caractéristiques des textiles récupérés, elle conçoit un matériau de construction écologique, design, à la fois isolant thermique et acoustique.


    Aujourd'hui FabBRICK est le trait d'union vertueux entre ces deux secteurs que sont la construction et le textile.

     

    Olvo 

    Olvo propose des solutions de cyclo-logistique à Paris et sa proche banlieue. Moins polluants, moins bruyants et plus rapides que les camionnettes, ces vélos-cargos arpentent le bitume, avec ou sans assistance électrique, pour des livraisons à domicile respectueuses de l'environnement et des citadins.

    Se présentant en spécialiste de la cyclo-logistique à Paris et sa banlieue, ce mode de transport propre permet d'éviter les pièges de la congestion urbaine, les problèmes de stationnement. Une camionnette est limitée à trois ou quatre livraisons à l'heure, certains livreurs arrivent à dix livraisons à l'heure chez Olvo.

    Olvo propose de tout livrer, de l'enveloppe d'un gramme à la cargaison de 90 kilogrammes, pour les entreprises comme pour les particuliers. Les coursiers reçoivent leur tournée de livraison directement sur leur téléphone portable et parcourent en moyenne de 70 à 100 kilomètres par jour. Le prix des courses varie de 5 à 40 euros en fonction de la distance, de la plage horaire et de l'importance des colis.

    Mais le vrai avantage compétitif d’Olvo ne réside pas dans son innovation technique et ses housses imperméables mais plutôt dans son organisation.

    Impulsée par Leeroyd Levi et Lucile Mercier, tous deux anciens coursiers chez Deliveroo, la start-up se veut à contre-courant de l'uberisation de leur profession. En décembre 2015, ils imaginent ensemble une coopérative de cyclo-logistique qui salarie ses livreurs, dont les outils de travail sont en open source, et dont la gouvernance est horizontale. Les livreurs assurent donc les tâches de dispatch (suivre les livreurs en cours de livraison et leur assigner des courses), de commercial ou même de comptabilité. Leeroyd est ainsi développeur et gérant mais un cinquième de son temps reste consacré à la livraison.

    Les gérants, qui ont une responsabilité légale, ont une prime de 500 euros sur leur salaire mensuel, ce qui amène la différence maximale entre les salaires à 1,7 actuellement. Ces primes et l'ensemble de la grille salariale sont votées en assemblée générale par les sociétaires. Sont éligibles au sociétariat tous les employés avec six mois d'ancienneté. 

    Olvo a lancé en 2020 une nouvelle offre : la plateforme resto.paris qui propose aux restaurants parisiens éco-responsables un service en click and collect. Contrairement aux autres plateformes de la foodtech, resto.paris encourage les restaurateurs à adopter des comportements écologiques comme suivre des recettes qui respectent strictement les saisons ou mettre en place une production de déchets limitée de la fourche à la fourchette. 

    La logistique tout-vélo est encore à ses débuts et la route vers sa démocratisation sera longue mais Olvo compte bien continuer de s’affirmer, après avoir déménagé dans des locaux de 850 mètres carrés au niveau de la porte d’Aubervilliers. 

    Une initiative qui mérite bien le maillot jaune. 



    Bilum

    Depuis quinze ans, la maison de création Bilum récupère des matières vouées à la destruction afin de les transformer en sacs, accessoires et pièces de mobilier. Alliant écoresponsabilité et insertion sociale, ce pionnier français de l'upcycling de mode confectionne l'héritage des marques en réutilisant leurs propres matières.

    Rappelons que l’upcycling (ou surcyclage) est une pratique consistant à collecter des matériaux inutilisables pour en faire des produits d'utilité supérieure.

    Sa fondatrice Hélène de La Moureyre a eu l'idée de transformer les effigies des marques qui ornaient autrefois les façades d'immeubles en sacs, pochettes, trousses de toilette, portefeuilles et autres housses de protection au design unique. Sous les doigts de fée de Bilum, des cartons Heineken sont devenus des carnets, de la toile de montgolfière ou des sacs à cordons. Des voiles de bateaux Club Med ont mué en cabas. Même les vestes de la gendarmerie nationale et le drapeau tricolore flottant au-dessus du Grand Palais ont été métamorphosés en housses, sans parler de la seconde vie des gilets de sauvetage, housses de sièges et ceintures d'Air France…Chaque nouveau matériau implique de repartir à zéro pour exploiter un maximum de surface, identifier les plus belles coupes possible et concevoir des articles à la fois résistants, esthétiques et variés. « Nous sommes très prudents et optimisons au maximum les matières reçues », explique Hélène de La Moureyre. Cette gestion des ressources permet de ne perdre que 30 % des matériaux collectés, soit la part trop abîmée pour être surcyclée. Un travail méticuleux.

    Bien que ces pratiques soient éminemment plus écologiques, elles dégagent une bien plus  faible rentabilité par rapport à la fast fashion.

    La fondatrice de Bilum souligne ce problème par rapport au coût financier et humain du traitement des matières recyclées, avec par exemple, 2h30 passées en moyenne sur la confection d'un grand sac de voyage, ainsi que le transport des pièces, leur nettoyage, les filtres post-nettoyage, la coupe, la commande de fournitures françaises et l'assemblage entièrement manuel.

    Heureusement pour Bilum, de plus en plus de français sont prêts à mettre le prix pour ce genre d’initiatives.



    https://start.lesechos.fr/innovations-startups/tech-futur/des-low-techs-pour-reinventer-le-futur-1252277